
Un début
d'entente...
| Dans son journal
Saint-Jean d'Angely note que dans la séance du 6 juin 1789 du
tiers-état, une autre députation du clergé, a annoncé que ses
membres, profondément touchés de la misère du peuple et de la
cherté des grains qui affligent les différentes contrées du
royaume, ont nommé des commissaires pour s'occuper à remédier
à ces malheurs publics, engageant les deux ordres d'en nommer
aussi pour se joindre à cet effet à ceux du clergé. Cette
députation retirée, un membre a dit que le clergé a eu
plusieurs motifs en faisant cet arrêté; comme peut-être
d'écarter le tiers-état de son but, qui est de se
constituer... On a introduit une députation de la
noblesse, qui a annoncé des restrictions qui lui conservent
toutes se prétentions...
MIRABEAU
PERSISTE
Le 10 mai 1789,
Mirabeau repasse à l’offensive et crée une nouvelle feuille :
LETTRE du Comte de Mirabeau à ses Commettants. Voici ce
qu’il précise dans son No 1 : « Nommé votre Représentant aux
Etats-Généraux, je vous dois un compte particulier de tout ce
qui est relatif aux affaires publiques : puisqu’il m’est
impossible de remplir ce devoir envers vous, autrement que par
la voie de l’impression, souffrez que je publie cette
correspondance et qu’elle devienne commune entre vous et la
Nation… J’avais cru qu’un journal, qu’on a annoncé dans son
prospectus, comme devant être rédigé par quelques Membres des
Etats-Généraux, pourrait, jusqu’à un certain point, remplir
envers la Nation ce devoir commun à tous les Députés. Grâce à
cette feuille, je sentais moins strictement l’obligation d’une
correspondance personnelle ; mais le Ministère vient de donner
le scandale public de deux Arrêts du Conseil, dont l’un, au
mépris du caractère avoué de ses Rédacteurs, supprime la
feuille Etats-Généraux, et dont l’autre défend la publication
des écrits périodiques. Il est donc vrai que, loin
d’affranchir la Nation, on ne cherche qu’à river ses fers !...
Nous en sommes au point où les formes les plus despotiques
marchent aussi rondement qu’une administration légale !
Vingt-cinq millions de voix réclament la liberté de la
presse ! La Nation et le Roi demandent unanimement le concours
de toutes les lumières. Eh bien ! c’est alors qu’on nous
présente un veto ministériel C’est alors qu’après nous avoir
leurrés d’une tolérance illusoire et perfide, un Ministère,
soi-disant populaire, ose effrontément mettre le scellé sur
nos pensées, privilégier le trafic du mensonge, et traiter
comme objet de contrebande, l’indispensable exportation de la
vérité… »
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Une disette sévère marque les années 1788/1789.
Elle est liée aux mauvaises récoltes et au froid
excessif. On peut lire, dans la Gazette de Liège : « La
Bourgogne continue d’être en proie au plus cruel fléau,
qui augmente chaque jour. Cette province manque
absolument d’eau et de farine…
" ___________________________________
Sous la pression populaire et celle de Necker, Louis
16 accepte de doubler les représentants du Tiers-Etat.
Le nombre des députés de la Noblesse et du Clergé
équivaut maintenant à celui de Tiers…
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Dans plusieurs régions, les Ordres privilégiés
refusent de siéger avec leurs collègues : « Suivant les
lettres du 30 décembre 1788, arrivées de Rennes, l’ordre
de la Noblesse n’a pas voulu communiquer avec les 233
membres du Tiers-Etat qui se sont présentés pour siéger
et délibérer avec les deux premières classes…On ne
pouvait pas croire, à Paris, que la noblesse de Bretagne
ait osé jurer sur son honneur et sur l’Evangile,
qu’aucun gentilhomme ne participera jamais en rien dans
les changements qu’on cherche à faire…Un arrêt du
Parlement, interdit au Tiers-Ordre toute espèce
d’assemblée… » __________________________________ _
Pour finir, un ouragan ravage Cherbourg, la Loire
déborde et des émeutes éclatent à Besançon, Aix, Rennes,
Paris…Ces révoltes provoquent de nombreuses
victimes. ___________________________________
Un des premiers journaux patriotes voit le jour en ce
début janvier 1789 à Paris, c’est le Héraut de la Nation
: « La ville de Rennes est déjà remplie de jeunes gens
arrivés de Nantes et de Dinan ; Angers a offert 400
braves…On assure que la jeunesse du Poitou est en
marche…Six cents jeunes-gens de Nantes sont arrivés,
armés jusqu’aux dents…Disperser des Gentilshommes
Bretons !…C’est impossible. Nobles Bretons, en
Angleterre, l’ordre des loups est détruit et les moutons
paissent sans danger. Nous savons bien que l’ordre des
loups protesta contre la violation des loix
constitutives qui leur accordait le droit de se jeter
sur les troupeaux…Nous savons que les hommes qui les
chassèrent furent traités par eux de tyrans ; les
moutons récalcitrants, de mauvais citoyens…Oh ! si
jamais un souffle bienfaisant dispersait les semences de
la stupidité, de la discorde et de la tyrannie bretonne…
» __________________________________ _
Le 24 janvier, les représentants qui se rendront à
Versailles sont élus… Le 2 mai, le premier journal écrit
par un député paraît. Il s’agit du périodique
Etats-Généraux rédigé par Mirabeau : « Le 2 mai, les
Députés des Ordres ont été admis chez le Roi…On a
seulement été frappé du peu de solennité d’une
présentation qui devait être imposante, du défaut
d’ordre, des difficultés, des longueurs qu’une liste
inexacte a occasionnés…Nous ne parlerons pas de la
distinction des costumes généralement désapprouvée…Le 5
mai a eu lieu l’ouverture des Etats. Les Députés étaient
avertis de se rendre à huit heures dans la salle. Ils
ont attendu très longtemps dans un corridor obscur et,
véritablement, ils offraient plutôt le spectacle d’une
bourse de Marchands…Mr le Garde des Sceaux a parlé
longuement, mais les trois-quarts de la salle n’ont pas
entendu un mot…L’Assemblée Nationale à qui on n’a même
pas parlé du droit de consentir l’impôt, est constamment
réduite aux fonctions d’un Bureau d’Administration… Le
déficit de la France n’est que de 56 millions…Il y a
certainement quelques beaux détails dans le discours de
Mr Necker, mais on trouve des longueurs insupportables,
des répétitions sans nombre, des trivialités dites avec
pompe, des choses inintelligibles, pas un principe, pas
une assertion inattaquable, aucun plan de restauration,
pas une ressource d’homme d’état, aucune véritable base
de stabilité…Enfin et surtout, une longue apologie du
mode de délibérer et d’opiner par Ordre…qui jette
l’alarme dans les Communes et ne peut attirer que
discorde et confusion… Les Ordres privilégiés, qui
avaient gardé un dédaigneux silence, ont applaudi très
vivement… » ___________________________________
Très vite, le journal est interdit. Le Clergé et la
Noblesse se réunissent séparément. Le Tiers refuse
d’être séparé des autres représentants. Ils bloquent
pendant un mois la vérification des pouvoirs de leurs
députés. Le 17 juin 1789, le Tiers-Etat décide de se
constitutuer en Assemblée Nationale. Le bas-clergé et
quelques nobles se joignent au troisième
ordre… ___________________________________
Bertrand Barère, député des Hautes-Pyrénées et
porte-parole du Comité de Salut Public:
http://site.voila.fr/HISTOPRESSE1
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La presse étrangère
informe...
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Mirabeau écrasant la
noblesse
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Premier périodique de
Mirabeau

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