Journaux de    Hollande... et d'ailleurs
 
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 ELECTION DU    PAPE...!

"Il semble que les Cardinaux ne s'ennuient point dans le Conclave, bien qu"il y ait plus de cinq mois qu'ils y sont enfermés. Il est vrai qu'ils se divertissent souvent à se quereller et à s'injurier comme des Crocheteurs. Ils se disent tous les jours leurs vérités sans s'épargner et comme la matière est abondante, tous les nouveaux combats qui se livrent sont accompagnés de nouvelles injures. Le Cardinal Chigi a failli en venir aux mains avec le Cardinal Ottoboni. Il lui a reproché que le Pape défunt, son oncle, avait plus volé pendant quinze mois qu'il avait occupé le Saint-Siège, qu'aucun de ses prédécesseurs quelque long que leur règne eut été. Le Cardinal Ottoboni a reproché au Cardinal Chigi la pauvreté de sa famille avant qu'Alexandre 7, son oncle, parvint au pontificat, ses intrigues amoureuses et même quelques maladies peu honnêtes dont on dit qu'il a été attaqué... Cette aventure et plusieurs autres qui ne font pas honneur à cette assemblée, ont obligé le Cardinal Cibo qui en est le doyen à faire un long et pathétique discours où il a représenté d'une manière forte tous les désordres du Conclave jusqu'à dire qu'il ressemblait plus à une caverne de brigands ou à un nid de hiboux qu'à une assemblée conduite et inspirée par l'esprit de Dieu... (Mercure Historique et Politique de juillet 1691)... Les Cardinaux commencent à souffrir beaucoup de la longueur du Conclave, surtout pendant les excessives chaleurs de l'été. Ils se sont enfin déterminés sur l'élection d'un Pape, après cinq mois et demi de disputes. Ils jetèrent les yeux sur le Cardinal Anthoine Pignatelli... Pour réussir, il fallait gagner la faction française... Ils firent comprendre qu'on ne pouvait faire le choix d'un sujet plus désagréable au Roi d'Espagne... Le Cardinal Pignatelli fut reconnu Pape et prit le nom d'Innocent 12... "(Mercure Historique et Politique d'août 1691).

ORIGINE DU MOT MAGAZINE

 

En 1741, Rousset de Missy proposa a l’imprimeur Ryckhoff à Amsterdam, une publication hebdomadaire intitulée MAGAZIN des Evènements de tous genres. L’auteur nous indique : «  Il y a quelques personnes qui ont critiqué le Titre que nous avons donné à cette Feuille. La chose était assez indifférente, mais MAGAZIN a paru annoncer que cette publication serait un Recueil où l’on trouverait toutes sortes de choses, comme un MAGAZIN est destiné à renfermer toutes sortes de Marchandises. Outre cela, quelques Anglais, Gens qui méritent fort d’être imités, nous en ont donné l’exemple, dans une Feuille hebdomadaire, sous le même Titre et du même goût.

 

 

 Dès 1731, on publia à LONDRES le mensuel THE GENTLEMAN'S MAGAZINE.

 

        Une autre voix

 

La révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et les visites musclées des dragons de l’armée royale obligent de nombreux Protestants français à quitter le pays et à se réfugier en Hollande ou dans d’autres pays voisins plus tolérants. De leur retraite forcée, ils rédigent quelques journaux assez virulents que de nombreux français peuvent lire par abonnement :
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« Quoi que le Peuple soit fort accoutumé à exagérer les maux qui le pressent ; il n’est pourtant rien de si vrai que ce qu’on écrit de divers endroits de France de la misère qui y règne. Toutes les sources d’où ces peuples tiroient de l’argent sont bouchées & il ne faut pas laisser de payer & les impots ordinaires, & les taxes extraordinaires qu’on a imposées depuis peu… S’il arrivoit par malheur qu’une mauvaise récolte survint encore par dessus les autres maux qui accablent ce Peuple, ils ne sauraient que devenir… »
Mercure Historique et Politique, Février 1690.

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« Il faut avouer qu’il n’y a pas de Pays au monde où il y ait des gens plus habiles à fouiller dans la bourse des particuliers et à trouver de l’argent, que ceux que l’on trouve en France. A la nouvelle d’un nouvel impôt, ou de nouvelles Taxes, on croit toujours que ce sera la dernière et qu’après celle-la, il est impossible d’en pouvoir trouver quelqu’autre ; mais à peine cette Taxe est-elle exigée, qu’on est tout surpris d’en voir sortir un grand nombre d’autres, auxquelles on n’auroit jamais pensé… ».
Mercure Historique et Politique, Décembre 1691.

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« …Le nouveau Ministre prend au commencement quelques précautions contre la haine publique…On parle de faire une espèce de Chambre de Justice pour rechercher les Auteurs de divers abus… Le peuple aime à voir piller ceux qui se sont enrichis sur sa dépouille et à voir crever les sangsues qui se sont engraissées de sa substance…Le mal, c’est que ce ne sont pas ceux qui ont pris le plus, qui rendent davantage…On assure que M. le Duc de la Rochefoucaut, touché apparemment de la misère publique, a pris la liberté d’avertir le Roi que le nombre des pauvres dans la seule ville de Paris surpasse l’imagination et que, par conséquent, il devoit être presque infini dans le Royaume…Sa Majesté…fut surprise de cette nouvelle et, ne pouvant le croire, demanda à M. le Dauphin si la chose étoit véritable…Un seul Edit de rigueur suffit pour faire une quantité de malheureux, combien faudroit-il d’Edits de grâce pour rétablir l’abondance ?… ».
L’Esprit des Cours d’Europe, octobre 1699.

                     

 

   

  

 

 

 JEAN de la FONTAINE

Dans les lettres Historiques de Mai 1695, on trouve un article au sujet de Jean de la Fontaine:" L'Académie Française vient de faire une perte considérable en la personne de M. de la Fontaine, dont vous avez lu les ouvrages avec tant de plaisir. Il était original dans son genre. Ses Fables et ses Contes passent pour des pièces achevées... Il s'appelait Jean et avait fait lui-même son épitaphe sous ce nom:

"Jean s'en alla, comme il était venu;

Mangea le fond comme le revenu;

Tint les Trésors chose peu nécessaire.

Quant à son tems, bien le sut dispenser,

Deux parts en fit, dont il voulait passer

L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire".

Il était de Château-Thierry, et mourut à Paris le 13 d'Avril, âgé de soixante et seize ans. on fut quelque tems  sans vouloir le recevoir à l'Académie Françoise, et il ne s'en souciait pas beaucoup. On trouvait quelque chose de trop libre dans ses ouvrages...

                        

Jamais contents, les bergers ont ici une solution imparable: embaucher une jeune bergère et la munir d'un corset épais. Les dents et les griffes de l'ours, après avoir reçu un coup de bâton, ne pénètreront pas dans la chair. Voilà, le tour est joué et qu'on n'en parle plus!

           

Mercure Historique et Politique, 1690

 

La France d'en haut

 

La France d'en bas

 

L'Esprit des Cours de l'Europe, 1699

C'EST DE LEUR FAUTE!

"Malgré tous les soins  que la cour a pu prendre pour faire venir des grains dans le Royaume, pour les répandre dans les provinces et pour obliger ceux  qui en ont à les porter régulièrement  aux marchez, on s'aperçoit  de plus en plus de leur diminution et  la disette commence à se convertir en famine en divers lieux. Il y a des endroits où le pauvre peuple ne mange plus que du pain de racines, dans lequel on mêle un tiers ou une moitié de farine d'orge. En Normandie, il n'y a plus de sûreté à la campagne. Les pauvres s'y assemblent par centaines et par milliers, et dans le désespoir où la faim  les jette, ils enlèvent les Bestiaux, dépouillent les passans, et pillent les Chariots et les Voitures publiques..." ( Lettres Historiques contenant ce qui se passe de plus important en Europe, août 1709).

 

 

 
Le livre dont on est le héros...
           

Sur le site du Musée la Fontaine, devenez le héros du Grand Siècle et découvrez la vie de ce fabuliste qui sous couvert de faire parler des animaux , critiqua quelque peu les travers de son siècle... Cliquez sur l'image et ouvrez bien les yeux!

      ECOLOSTORY: c'était mieux avant!
      L'OURS, AUTREFOIS
 

 Les papiers publics de Suède, du 12octobre 1771, rendent compte d'un évènement fort extraordinaire qui peut engager à examiner la nature et le caractère de l'ours... Les savants qui ont écrit sur ces animaux, ne s'accordent guère... Voici le fait: une jeune fille de l'âge de 12 ans, nommée Larin, fille du paysan Engelbert, habitant un village de la Province de Warmeland, gardait un troupeau de bêtes à cornes dans une vallée étroite, terminée d'un côté par une forêt épaisse. Elle vit un ours, d'une grosseur monstrueuse, sortir de cette forêt, vers la fin du jour; il s'élança sur le troupeau, se saisit d'un boeuf qu'il assujettit avec ses griffes, et qu'il s'efforça de mettre en pièces. La petite fille, sans s'effrayer à la vue de la bête féroce, courut ramasser une pièce de bois assez pesante pour ses forces, et vint frapper l'ours sur le dos. L'animal se tourna et saisit l'enfant par le corps; elle avait heureusement un corset épais, et les griffes et les dents de l'animal ne pénétrèrent point jusqu'à la chair... Il la porta  à une distance d'environ cent pas de son troupeau, et la mit à terre. L'ours lui ôta alors sa coiffure, et se retira un peu plus loin, d'où il se contenta de la regarder...(Gazette des Deux-Ponts, du 11 novembre 1771).

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