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La révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et les
visites musclées des dragons de l’armée royale obligent
de nombreux Protestants français à quitter le pays et à
se réfugier en Hollande ou dans d’autres pays voisins
plus tolérants. De leur retraite forcée, ils rédigent
quelques journaux assez virulents que de nombreux
français peuvent lire par abonnement
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« Quoi que
le Peuple soit fort accoutumé à exagérer les maux qui le
pressent ; il n’est pourtant rien de si vrai que ce
qu’on écrit de divers endroits de France de la misère
qui y règne. Toutes les sources d’où ces peuples
tiroient de l’argent sont bouchées & il ne faut pas
laisser de payer & les impots ordinaires, & les
taxes extraordinaires qu’on a imposées depuis peu… S’il
arrivoit par malheur qu’une mauvaise récolte survint
encore par dessus les autres maux qui accablent ce
Peuple, ils ne sauraient que devenir… » Mercure
Historique et Politique, Février
1690. ___________________________________
« Il
faut avouer qu’il n’y a pas de Pays au monde où il y ait
des gens plus habiles à fouiller dans la bourse des
particuliers et à trouver de l’argent, que ceux que l’on
trouve en France. A la nouvelle d’un nouvel impôt, ou de
nouvelles Taxes, on croit toujours que ce sera la
dernière et qu’après celle-la, il est impossible d’en
pouvoir trouver quelqu’autre ; mais à peine cette Taxe
est-elle exigée, qu’on est tout surpris d’en voir sortir
un grand nombre d’autres, auxquelles on n’auroit jamais
pensé… ». Mercure Historique et Politique, Décembre
1691. ___________________________________
« …Le
nouveau Ministre prend au commencement quelques
précautions contre la haine publique…On parle de faire
une espèce de Chambre de Justice pour rechercher les
Auteurs de divers abus… Le peuple aime à voir piller
ceux qui se sont enrichis sur sa dépouille et à voir
crever les sangsues qui se sont engraissées de sa
substance…Le mal, c’est que ce ne sont pas ceux qui ont
pris le plus, qui rendent davantage…On assure que M. le
Duc de la Rochefoucaut, touché apparemment de la misère
publique, a pris la liberté d’avertir le Roi que le
nombre des pauvres dans la seule ville de Paris surpasse
l’imagination et que, par conséquent, il devoit être
presque infini dans le Royaume…Sa Majesté…fut surprise
de cette nouvelle et, ne pouvant le croire, demanda à M.
le Dauphin si la chose étoit véritable…Un seul Edit de
rigueur suffit pour faire une quantité de malheureux,
combien faudroit-il d’Edits de grâce pour rétablir
l’abondance ?… ». L’Esprit des Cours d’Europe,
octobre 1699.

| JEAN de la FONTAINE Dans
les lettres Historiques de Mai 1695, on trouve un
article au sujet de Jean de la Fontaine:" L'Académie
Française vient de faire une perte considérable en
la personne de M. de la Fontaine, dont vous avez lu
les ouvrages avec tant de plaisir. Il était original
dans son genre. Ses Fables et ses Contes passent
pour des pièces achevées... Il s'appelait Jean et
avait fait lui-même son épitaphe sous ce nom:
"Jean s'en alla, comme il était venu;
Mangea le fond comme le revenu;
Tint les Trésors chose peu nécessaire.
Quant à son tems, bien le sut dispenser,
Deux parts en fit, dont il voulait passer
L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire".
Il était de Château-Thierry, et mourut à Paris le
13 d'Avril, âgé de soixante et seize ans. on fut
quelque tems sans vouloir le recevoir à
l'Académie Françoise, et il ne s'en souciait pas
beaucoup. On trouvait quelque chose de trop libre
dans ses ouvrages...

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Jamais contents, les bergers ont ici une
solution imparable: embaucher une jeune bergère
et la munir d'un corset épais. Les dents et les
griffes de l'ours, après avoir reçu un coup de
bâton, ne pénètreront pas dans la chair. Voilà,
le tour est joué et qu'on n'en parle plus! |
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Mercure Historique et Politique,
1690 |
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L'Esprit des Cours de l'Europe,
1699

C'EST
DE LEUR FAUTE!
"Malgré tous les soins
que la cour a pu prendre pour faire venir des grains dans
le Royaume, pour les répandre dans les provinces et pour
obliger ceux qui en ont à les porter régulièrement
aux marchez, on s'aperçoit de plus en plus de leur
diminution et la disette commence à se convertir en
famine en divers lieux. Il y a des endroits où le pauvre
peuple ne mange plus que du pain de racines, dans lequel
on mêle un tiers ou une moitié de farine d'orge. En
Normandie, il n'y a plus de sûreté à la campagne. Les
pauvres s'y assemblent par centaines et par milliers, et
dans le désespoir où la faim les jette, ils enlèvent
les Bestiaux, dépouillent les passans, et pillent les
Chariots et les Voitures publiques..." ( Lettres
Historiques contenant ce qui se passe de plus important en
Europe, août 1709).

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Le livre dont on
est le héros... |
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Sur le site du Musée la
Fontaine, devenez le héros du Grand Siècle et découvrez la vie
de ce fabuliste qui sous couvert de faire parler des animaux ,
critiqua quelque peu les travers de son siècle... Cliquez sur
l'image et ouvrez bien les yeux!
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ECOLOSTORY:
c'était mieux avant! |
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L'OURS, AUTREFOIS |
| Les
papiers publics de Suède, du 12octobre 1771, rendent compte d'un
évènement fort extraordinaire qui peut engager à examiner la nature
et le caractère de l'ours... Les savants qui ont écrit sur ces
animaux, ne s'accordent guère... Voici le fait: une jeune fille de
l'âge de 12 ans, nommée Larin, fille du paysan Engelbert, habitant
un village de la Province de Warmeland, gardait un troupeau de bêtes
à cornes dans une vallée étroite, terminée d'un côté par une forêt
épaisse. Elle vit un ours, d'une grosseur monstrueuse, sortir de
cette forêt, vers la fin du jour; il s'élança sur le troupeau, se
saisit d'un boeuf qu'il assujettit avec ses griffes, et qu'il
s'efforça de mettre en pièces. La petite fille, sans s'effrayer à la
vue de la bête féroce, courut ramasser une pièce de bois assez
pesante pour ses forces, et vint frapper l'ours sur le dos. L'animal
se tourna et saisit l'enfant par le corps; elle avait heureusement
un corset épais, et les griffes et les dents de l'animal ne
pénétrèrent point jusqu'à la chair... Il la porta à une
distance d'environ cent pas de son troupeau, et la mit à terre.
L'ours lui ôta alors sa coiffure, et se retira un peu plus loin,
d'où il se contenta de la regarder...(Gazette des Deux-Ponts, du 11
novembre 1771).
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