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L'Eglise et la mode: ça ne colle pas! |
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18è siècle, à l'image de la maison Dior, certains couturiers
mettaient en valeur les charmes de ces dames, ce qui ne plaisait
pas trop au Pape qui craignait que ses prêtres, en première ligne
du combat contre l'immoralité, ne soient pris par les appâts de
certaines ouailles un peu légèrement vêtues et se retrouvent avec
le goupillon en folie!... |
| "De Rome, le 20 décembre 1770:
L'inconstance de la mode varie sans cesse les habillements du beau
sexe; on pardonne à ses caprices lorsqu'ils ne sont que bizarres
ou ridicules: on les proscrit lorsqu'ils tendent à l'indécence. Le Saint-Père vient de faire un règlement qui défend à toutes les
femmes de quelque qualité qu'elles puissent être, de paraître dans
les Eglises avec la tête et la poitrine découvertes ou chargées de
ces parures singulières, qu'elles ont adoptées depuis quelques
temps..." Gazette des Deux-Ponts du 10 janvier 1771.

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Le journal
encyclopédique |
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Pierre Rousseau, réfugié à
Bouillon
Le libraire Duchesne
déclare au sujet de Marivaux : "Personne
n'a fait plus subtilement que lui
l'analyse des Mouvements du coeur : il en connaît
les ressorts les plus déliés... Ces
sortes de découvertes ont exigé de sa
part, un style convenable à ce qu'il apercevait.
C'est ce style particulier et le
seul qui convenait à la chose, qui l'a fait regarder
comme Auteur singulier dans ses
expressions: on n'a pas su sentir d'abord, que la finesse
de ses pensées ne pouvait être rendue autrement ... et
j'ose dire qu'alors on le condamna sans l'entendre..." | | |
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Le germe du changement
Page 8 |
En 1750, paraissent à Paris les premiers
volumes de l’Encyclopédie dont le contenu a pour
objectif officiel de relier entre elles toutes les
sciences. La philosophie souhaite mettre l’homme et non
plus Dieu, au centre du monde. Bien vite, les auteurs
vont devoir continuer sa publication à
l’étranger. ___________________________________
On peut lire dans le Journal Encyclopédique du
toulousain Pierre Rousseau, imprimé à Bouillon,
l’extrait suivant : « Encyclopédie, tome 9…LIBELLE…Les
libellés se trouvent sévèrement punis dans le
gouvernement aristocratique parce que les Magistrats s’y
voient de petits souverains qui ne sont pas assez grands
pour mépriser les injures…Dans la démocratie, il ne
convient pas de sévir contre les libellés, par les
raisons qui les punissent criminellement dans les
gouvernements absolus…LIBERTE DE PENSER…Cette généreuse
force d’esprit lie notre persuasion uniquement à la
vérité…et nous porte à examiner, à peser et à rejeter
les préjugés de l’éducation et les contes puérils dont
on a bercé notre enfance…Rarement, elle ose examiner les
idées qu’on lui a suggérées sur la religion… » On
comprend pourquoi l'auteur, après avoir quitté Paris fut
obligé de se réfugier chez un aristocrate éclairé à
Bouillon, le cardinal et évêque de Liège n'appréciant
que modérément ce journal qu'il avait toléré à ses
débuts. __________________________________ _
L’Ancien Régime, victime d’un déficit chronique de
ses finances et d’un absolutisme qui se lézarde, va
devoir rendre compte des lourdes inégalités qu’il a
créées depuis des siècles. Les bourgeois cultivés et
fournisseurs de richesses vont vouloir prendre leur part
dans la gestion des affaires publiques. Louis 16
comprend qu’il faut céder sur quelques points mais, mal
conseillé, il accumulera les maladresses et n’aura pas
la force de caractère pour sauver son monde de
privilégiés qui, comme on le voit actuellement, a été
bien vite
remplacé. ___________________________________
Le manque important de liquidités menace de faillite
la monarchie et le roi accepte de convoquer les
Etats-Généraux pour trouver de l’argent. Afin de faire
passer la pilule,il est demandé aux députés de s’occuper
de la rédaction de cahiers de
doléances. ___________________________________

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PREMIERE FEUILLE, 1761:
"Lecteur, je ne veux point vous tromper
et je vous avertis d'avance que ce n'est point un
Auteur que vous allez lire ici. Un Auteur est un
homme, à qui, dans son loisir, il prend une envie
vague de penser sur une ou plusieurs matières: et l'on
pourrait appeler cela réfléchir à propos de rien....
Le choix de ces pensées est alors purement
arbitraire, et c'est là réfléchir en Auteur: ne
serait-il pas plus curieux de nous voir penser en
hommes? En un mot, l'esprit humain, quand le hasard
des objets, ou l'occasion l'inspire, ne produirait-il
pas des idées plus sensibles et moins étrangères à
nous, qu'il n'en produit dans cet exercice forcé qu'il
se donne en composant? ... Je viens de voir un homme
qui attendait un grand Seigneur dans sa Salle: je
l'examinais parce que je lui trouvais un air de
probité, mêlé d'une tristesse timide: sa physionomie
et les chagrins que je lui supposais m'intéressaient
en sa faveur. Hélas! disais-je en moi-même, l'honnête
homme est presque toujours triste, et presque toujours
sans biens, presque toujours humilié: il n'a point
d'amis parce que son amitié n'est bonne à rien... L'or
et l'argent brillent sur les habits de cet autre. Ne
rougit-il pas d'étaler sur lui plus de biens que je
n'ai de revenu?... Quand le grand Seigneur vint dans
la Salle, l'homme, pour qui je m'intéressais, ne se
présenta à lui que le dernier. Mais le grand Seigneur
sortait déjà quand il l'aborda. Il le suivit donc du
mieux possible... J'entendis le grand Seigneur lui
répondre, mais sans le regarder, et prêt à monter en
carrosse: la moitié de sa réponse se perdit... Allez
l'interroger, demandez-lui ce qu'il pense de ce grand
Seigneur: il vient d'en essuyer cette distraction
hautaine que donne à la plupart de ses pareils, le
sentiment gigantesque qu'ils ont d'eux-mêmes..." |
JP Boudet | | | |