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Assassinat d'Henri 4! |
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Dans son premier volume, paru en
1611, Jean Richer se voit obligé de relater un évènement terrible:
l'assassinat du bon roi Henri 4: |
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"Leurs Majestez avaient resolu ensemblement de faire donner la
liberté à tous prisonniers entre le jour du Couronnement et celuy
de l'Entrée dans Paris. Pour ceux de la Bastille, il voulait
luy-même délibérer sur les lieux. Il désirait aussi qu'il ne
manquast rien à cette Entrée. Ce fut pourquoy, s'en allant à
l'Arsenal, il devait visiter en quel estat en estaient les
preparatifs. Entre trois et quatre heures de relevee, il saute en
son Carrosse à l'entree de la cour du Louvre et se met au fond; il
faict entrer dedans les Ducs d'Espernon et Montbazon, Roquelaure
et trois autres: deffendant à ses gardes de le suivre. Quel
malheur! car un maudit François Ravaillac, le regardant sauter
dans le Carrosse le suyvit jusques en la ruë de la Ferronnerie,
devant le cimetière des Innocents, où voyant le Carrosse arresté
par des charettes, sa Majesté au fond, tournant le visage et
penché du costé de Monsieur d'Espernon, ce monstre animé du
Diable, sans respect de l'onction sacrée dont Dieu
honore les Roys, se jette sur sa Majesté et passant son bras
au-dessus de la rouë du Carrosse luy donna deux coups de cousteau
dans le corps et estendit tout roide mort ce grand Roy au
milieu de ses plus valeureux et fidèles Capitaines. Il donna ces
deux coups si promptement qu'ils furent plustost reçeus que
veus: le premier porté entre la cinquiesme et sixiesme coste perça
la veine interieure vers l'oreille du coeur et parvint jusques à
la veine cave qui, se trouvant coupee fait à l'instant perdre la
parole et la vie à ce grand Monarque. Personne n'avait veu frapper
le Roy et si ce parricide eust jeté son cousteau, on n'eust sçeu
qui ç'eust esté: mais il ne le peut jamais lascher: les six
Seigneurs qui estaient dans le Carrosse en descendirent; les uns
s'empeschants à se saisir du parricide: et les autres autour du
Roy; mais un d'entr'eux voyant qu'il ne parlait point et que le
sang luy sortait de la bouche, s'escria Le Roy est mort:à
ceste parole il se fit un grand tumulte et le peuple qui estoit
dans les ruës se jetoit dans les boutiques les plus proches les
uns sur les autres, avec pareille frayeur que si la ville eust
esté prise d'ennemis..." Mercure François, 1610. |

Henri 4 en 1610

Ville de TOURS
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Un atelier
d'imprimerie

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RACAILLE, on
disait racaille!
"Martin le Noir, hostellier
demeurant à Tours deceda le vendredi seizieme d'avril
1621 et fut gardé jusqu'au dix-huictieme pour
estre enterre au cimetiere de ceux de ladite Religion
pretendue réformée, qui est hors de la ville.
Plusieurs hommes et femmes se rendirent ou dedans ou
prez de sa maison pour accompagner le corps. Plusieurs
petits enfants de six, dix ou douze ans s'estant
amassez le long de la ruë de la Monnoye, voyant passer
le corps et le convoi commencerent à chanter la
chanson de Martin le Noir: " Le plus grand cornar,
c'est Martin le Noir..." Au grand marché, le peuple
voyant passer ce convoy, fit une grande huée. Arrivé à
la porte St-Simple, ils prièrent ceux de la garde d'empescher
cesenfans de les plus poursuivre, ce qu'il fut
impossible de faire. Les derniers du convoy, se
retournerent et en frapperent deux. Ces enfans qui
avaient été battus, se voyans encouragez par plusieurs
de la populace et mauvais garnemens... |
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De 1611 à 1635, les frères Richer, libraires, éditent
un annuel : Le Mercure François où faits divers et
nouvelles politiques du monde entier informent le public
des principaux événements du temps. Renaudot en continuera la rédaction
jusqu'en 1643. ___________________________________
NOUVELLE FRANCE
On trouve dans le Mercure de 1608, la relation d’un
voyage au Canada : « Nous avons dict cy-dessus que les
Hollandois continuaient leurs navigations en l’une et
l’autre Inde et les anglois en Virginie. Quant aux
François navigants en la Nouvelle France, le sieur des
Monts obtint du Roy en ceste année nouvelle confirmation
de privilège pour la traicte des Castors en la Nouvelle
France, afin qu’il eust moyen d’y mieux establir à
l’advenir ses Colonies et y envoya au mois de Mars trois
navires garnis de bons ouvriers et familles pour y
commen cer des Républiques. L’an 1603, le sieur des
Monts ayant proposé au Roy qu’il falloit commencer une
habitation en la Nouvelle France et ne se contenter d’en
avoir le pays, obtint de sa Majesté permission d’y aller
avec tiltre de Vice- Admiral et deffences à tous, fors à
ceux qui seroient entrez en associations avec luy pour
ladite entreprise, d’équiper aucun vaisseau pour y
négocier de fourrures et autres marchandises, durant le
temps de dix ans portez par sa permission, sçavoir
depuis le Cap de Raze jusques au quarantième degré,
comprenant toute la coste de la Cadie, terre et Cap
Breton, Bayes de Saint-Clerc, Chaleur, Isle Percee,
Gachepé, Chichedec, Mesamechi, Lesquemin, Tadousac et la
rivière du Canada. Le septième de Mars, l’an 1604,
le sieur des Monts partit avec deux navires du Havre de
Grâce, pour y commencer ladite habitation et y demeurer
un Hyver. Arrivé qu’il y fut après avoir eu plusieurs
tourmentes sur mer, il dressa sa première habitation en
la rivière de Canada dans l’Isle de Sainte-Croix où il
fit un fort qu’il garnit de canons et de plusieurs
bastiments de charpenterie. Il y en eut aucuns qui se
cabannèrent à la mode des Sauvages. Bref, ils
défrichèrent l’isle, recogneurent quelques lieux és
environs, où ils semèrent des grains… Cependant le
sieur de Poitrincourt qui l’avoit accompagné, s’en
retourna en France avec les deux navires qui apportèrent
plusieurs balles de Castors et autres marchandises de
pelleteries. L’Hyver venu, qui est très rigoureux en
ce pays-là, ces nouveaux habitans en reçeurent de
grandes incommoditez, premièrement de bois et d’eau
douce, n’ayans qu’un seul bateau pour en aller quérir car
leur barque n’estoit raccommodée…Plusieurs qui beurent
de l’eau de neige devinrent malades de maladies
incogneuës en l’Europe, pareilles à celles qu’eurent
ceux qui accompagnèrent autresfois Jacques
Cartier… Le sieur du Pont-Gravé arriva de Honfleur
avec une Compagnie pour le secourir. Ceste venuë fit
qu’ils advisèrent ensemble d’aller faire demeure à un
port que le sieur de Poitrincourt avoit demandé et qu’il
avoit appelé le Port-Royal…
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Les guerres coûtent cher et le roi ayant modifié
l’impôt dans le haut et bas Quercy, un soulèvement vit
le jour dans la région de Cahors : « …Après donc que ces
nouveaux Offices furent levez et que les pourveus se
voulurent instaler, un nommé Doüat ( qui se mesloit de
faire des Horoscopes ) ayant de Parroisse en Parroisse
secrettement practiqué la populace, se mit premierement
aux champs avec cinq mille hommes, tant paysans, que
autres faineants qui avoient esté congediez des
compagnies depuis la paix… En moins de quatre jours, sur
la fin du mois de May, leur assemblee fut de huict mille
hommes ( qui se firent appeler les nouveaux Croquans ).
Ils s’acheminèrent vers les maisons de quelques
particuliers qui avoient acheté desdits offices. Ne les
trouvans point, ils abbatirent leurs maisons, bruslerent
leurs meubles, arrachèrent leurs vignes… Le Mareschal de
Themines, avec une troupe de trois cents hommes, les fit
charger…Doüat fut condamné à avoir la teste tranchée,
son corps mis en quatre quartiers et sa teste fichée sur
un poteau à Figeac… ». Mercure François,
1624 ___________________________________
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... commencerent à les
suivre à coups de pierre en leur disant des injures.
La queuë du convoy se vit rudement chargee; les uns
estans contraints de se sauver dans une maison
proche du cimetiere où ceste RACAILLE les tenoit
comme assiegez et d'autres s'estans sauvez dans la
ville allerent faire leur plaincte au Maire lequel à
l'instant s'y transporta et fit sortir ceux qui s'estoient
sauvez. Apres que le Maire se fut retire, l'emotion
recommença plus fort. Ceste multitude d'enfans parmy
lesquels s'estoient jettez de grands coquins et
mauvais garnemens, entrerent dans le cimetiere,
retirerent de la fosse le corps de Martin le Noir en
intention de le trainer et brusler, cependant que
d'autres pilloient les vivres dans la maison du
garde et jettoient ses meubles dans le fosse de
ladite ville..." Mercure François, 1622. |
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