| Pendant la Fronde,
Renaudot est obligé de suivre la famille royale hors de Paris. Au
cas où celle-ci triompherait, les fils Renaudot impriment à Paris
un périodique favorable aux frondeurs: Le Courrier François: une
première! |


Nouvelle
France
| Dans les Nouvelles Ordinaires reprises
par Renaudot, on trouve, dans le numéro du 16 janvier 1632,
l'article suivant: "De la Rochelle - Il se fait ici un
embarquement pour aller à ce mois de Mars en la Nouvelle
France. C'est une terre neuve, propre à froment et légumes, où
tous autres fruits croissent comme en France, riche en mines
d'argent, cuivre et fer, par tout plantée d'arbres de hautes
fustayes d'extreme grosseur et hauteur, feconde en prairies a
nourrir toute sorte de bestail et d'une mer fort poissonneuse,
et où se peschent force saumons, esturgeons et moulües. La
navigation y est seure, et personne ne pretend rien en ce païs
la depuis cent ans qu'il est aux François. Ce qui paroist en
ce que tous les ans, 800 vaisseaux y vont et reviennent sans
péril, avec 30 pour cent de profit de leurs pesches. Le
royaume de Lacadie ou la colonie doit habiter, est à mesme
hauteur que Bourdeaux et Marseille. On y va ordinairement en
un mois. La compagnie authorisee de sa Majesté, pour
l'exécution de ce beau dessin promet pour chaque mille escus
qu'y voudront employer ceux qui aiment ceste sorte de trafic,
de leur faire trouver autres mille escus de profit au bout de
trois ans par chacun an ..." |
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| L'ancêtre
du journal scientifique
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Page 4

Renaudot reprend à son compte les Nouvelles
Ordinaires, édite des Extraordinaires entre deux
Gazettes quand l’actualité l’exige, ainsi qu’un mensuel,
Relations des Nouvelles du Monde et une feuille
d’annonces. Gazette et Nouvelles auront également des
éditions
régionales. ___________________________________
Gaston,
frère du Roi, toujours à comploter contre Louis 13,
trouve porte close devant Dijon. « Extraict d’une
lettre escrite au Roy par les Maire & Eschevins de
Dijon du 22 juin 1632…Par leurs lettres precedentes, ils
avoyent fait entendre à sa Majesté les aproches de
Monsieur vers leur ville, que lors, ils n’estoyent que
dans les apprehensions du mal, mais que maintenant, ils
en sentoyent les effets. S.A. s’estant logée aux
environs de ladite ville avec ses troupes qui commettent
toutes sortes d’hostilitez par le feu, rançonnemens,
violemens & tout ce que la licence peut permettre
aux plus grands ennemis de l’Etat… » Relations des
Nouvelles du Monde, juin
1632. ___________________________________
CONFERENCES DU
BUREAU D'ADRESSE
Tous les
lundis, dans
son bureau d’adresse, à partir de 1634, Renaudot
réunissait les plus beaux esprits de son temps
pour tenir des conférences scientifiques ou
philosophiques. Il en notait le contenu mais c’est son
fils Eusèbe qui les fit imprimer sous le titre de
Recueil Général des questions traittées és Conférences
du Bureau d’Addresse, dès 1656, en cinq tomes. Ce fut, à
n’en pas douter, la première ébauche du journal
scientifique. Ces conférences, présentées par de nombrex
beaux esprits, restèrent anonymes dans les recueils.
Renaudot nous indique que c'est à la demande des savants,
que leurs noms ne sont pas cités. ___________________________________
Voici,
par exemple la 327è Conférence du Lundy 14 avril 1642 :
« Des Atomes ~C’est une verité qui n’a jamais esté
contestée des Philosophes, qu’il doit y avoir des
Principes dont les corps naturels soient composez… A
Démocrite on attribue les Atomes, ainsi nommez pour leur
petitesse qui les rend indivisibles et incapables
d’estre separez et partagez en d’autres moindres
parcelles… Ces Atomes passent pour principes des corps
naturels, ceux-cy nous seront entièrement inconnus,
estans faits de principes infinis, lesquels ne pouvans
tomber sous nostre connoissance… ».
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